Situé à quelques kilomètres de Saint Dié, dans le département des Vosges, ce camp celtique fut édifié au 1er siècle avant l’ère chrétienne et fut détruit définitivement par les Alamans vers l’an 350.
On accède à ce site après quelques kilomètres d’une étroite route forestière, puis une petite randonnée d’une demi heure à travers la forêt.
D’une superficie de 15 hectares, ce camp abrita un village de Triboques. Ils édifièrent ce camp sur une hauteur de près de 600 mètres, mais très stratégique car il leur donnait une vision parfaite sur deux vallées très étendues, notamment une vallée ouverte vers le plateau lorrain.
Ce site a connu des campagnes de fouilles archéologiques dans les années 1970. De nombreux panneaux explicatifs expliquent de façon assez pédagogique les découvertes du camp .
On apprend beaucoup dans ce site sur la technique de constructions de murs de remparts de nos ancêtres ; murs remaniés ensuite par l’occupant romain.
Ce site a surtout été édifié pour le travail du métal. On y a retrouvé des enclumes, des sites de forges et des bassins d’eau. Néanmoins, des cultes devaient également y être pratiqués. Les archéologues retrouvèrent des stèles, maintenant visibles au musée de Saint Dié. Ils eurent quand même la bonne idée de laisser des copies sur place, tel ce couple taillé dans la pierre.
On retrouve également dans le site un bassin dédié à Taranis et un autre bassin dédié aux Déesses Mères, comme l’indiquent les panneaux. C’est donc sans aucun doute toute une vie communautaire qui s’installa sur cette haute colline.
Le choix du site n’est sans doute pas uniquement que stratégique. La puissance tellurique de l’endroit est assez forte également. D’ailleurs, le village en contrebas s’appelle… La Voivre, à rapprocher bien sûr de la Vouivre, courant de force tellurique abondamment cité par Henri Vincenot dans son célèbre « Pape des Escargots ».
Malgré l’intérêt archéologique de ce site, il semble malheureusement de plus en plus abandonné. Le grand panneau explicatif à l’entrée se rouille petit à petit. Certains écriteaux explicatifs sont détruits ou deviennent illisibles. Certes, l’entretien doit demander de gros moyens, mais la préservation de ce patrimoine celtique en vaut vraiment la chandelle.
Ioan an Alac’h