Projet de recensement des lieux sacrées européens.

Mur païen du Mont Sainte Odile

  • enceinte mégalithique
  • France
  • Bas Rhin
  • Mont Sainte Odile

Le mur païen du mont Ste Odile est considéré comme le plus grand monument mégalithique d’Europe. Long dans son tracé d’un peu plus de dix kilomètres, il englobe 3 parties distinctes, séparées par des murs transverses. Une quatrième partie, vers le « plateau des Fées » n’a jamais vu le jour.

Quelles sont les origines de ce mur énigmatique qui fait encore tant couler d’encre de nos jours ? Nul n’a la réponse, et même la « science » développe des théories contraires ; chaque « savant » voulant avoir raison dans ses explications.

Devant ce constat de divisions de nos têtes pensantes, l’attitude la plus juste est l’humilité. Humilité devant cet ouvrage grandiose qui prend son origine dans un passé lointain. On imagine ce mur datant du 5ème millénaire avant notre ère… mais pourquoi cette construction gigantesque ? Pour faire face à des invasions ? Peu probable. Pour abriter un lieu de culte, une populations spécifique ? Le « matériel archéologique » découvert sur le lieu est bien mince, quoique peu de fouilles ont été effectuées dans cette enceinte.

En tous cas ici, la phrase de Maurice Barrès « il est des lieux où souffle l’Esprit » prend tout sons sens. Le témoignage de l’importance que les chrétiens donnèrent à ce site avec le culte de Ste Odile en est encore une preuve bien tangible. Qu’un lieu de culte dédié à la Grande Déesse ait précédé l’ère chrétienne est sans doute l’explication la plus tangible. Quoique controversées, les découvertes de l’archéologue Robert Forrer seraient ainsi confortées (un temple de type « Stonehenge » au sommet du mont). Et cette fois, l’unanimité à ce sujet est de mise, chez les géobiologues, les sourciers et les radiesthésistes.

A l’origine, ou du moins à l’époque gallo-romaine, cette montagne s’appelait ALTITONA. C’est avec le culte de la patronne de l’Alsace qu’elle changea de nom. Vouloir détailler en quelques lignes l’importance du lieu et les caractéristiques du mur ne serait pas raisonnable. Pour en savoir (beaucoup) plus, je dirigerai le lecteur vers le remarquable ouvrage de Monsieur Michel VOGT « l’enceinte mystérieuse du Mont Ste Odile », le livre le plus complet actuellement sur le sujet et qui, loin d’être une « thèse », laisse une belle ouverture d’esprit quant aux origines et à la destination de cette enceinte.
Mais quand même, signalons une particularité de cet empilement de pierre qui mérite un regard car elle est unique dans notre région (mis à part l’enceinte du Frankenbourg qui fera l’objet d’un prochain article). En effet, les pierres du mur païen ont été assemblées par des tenons de bois (chêne, fort probablement) qui venaient se nicher dans des entailles en forme de queue d’aronde creusées dans la pierre. Cette technique d’assemblage était fortement employée dans le bassin méditerranéen, notamment en Grèce. Mais pourquoi ?.... une énigme séculaire pas encore tout à fait prête à être découverte…



Témoignage d’une civilisation dont on ne connaît que peu de choses, le mur païen est très menacé de nos jours. Déjà, il y a quelques années, l’aménagement d’un parking en fit détruire près de 300 mètres sans que personne ne lève le petit doigt. Des promeneurs propulsent parfois des pierres sur les pentes, les forestiers ne sont pas toujours soucieux de respecter la construction, etc… Il est grand temps que les pouvoirs publics prennent les choses en main et déclarent ce site « protégé » car, à l’allure où le mur se détruit, les futures générations n’auront plus grand-chose à admirer.

Ioan an Alac’h